lundi 28 mars 2016

Perceptions sur l’agriculture chilienne à partir des rencontres et visites réalisées au cours d’un voyage d’étude agricole avec des agriculteurs de l’ouest de la France


Nos impressions peuvent être présentées sous formes de forces et faiblesses de l’agriculture chilienne

Impressions sur les forces
1°- les cultures de fruits et légumes de contre-saison sont possibles sur de vastes surfaces et la filière exportation est active pour vendre dans l’hémisphère nord. Le Chili bénéficie d’une situation privilégiée. Pour les semenciers produire des semences au Chili constitue une opportunité pour gagner 6 mois dans le planning de production.
Récolte des myrtilles pour les USA
2°- les agriculteurs ont un esprit pionner et raisonnent le marché en fonction des débouchés à l’exportation. Le pays a signé le plus grand nombre d’accords de libre-échanges au monde (18)   
2°- les terres sont profondes et fertiles, notamment celles d’origine volcanique. Le taux de matières organiques est élevé mais celui-ci est stable. La vie biologique du sol peut être activée avec l’apport de matières organiques fraîches comme le fumier de ferme.
3°- la disponibilité de l’eau de la fonte des neiges des Andes permet l’irrigation indispensable dans la plupart des zones de production végétale
4°- certaines maladies des plantes et animaux sont absentes grâce notamment à la barrière des Andes et celle de l’océan pacifique (ex. le phylloxera)
5°- le pays bénéficie d’une grande stabilité politique qui est favorable aux investissements et le Chili est ouvert aux capitaux extérieurs
6°- le coût de la main d’œuvre est encore faible (400€/mois)  

Impressions sur les faiblesses
Calibrage en vue de l'exportation de pommes en mars 2016
1°-  pas de politique agricole véritable, l’Etat se contente de subventionner l’irrigation, la forêt et achète des terres pour les redistribuer aux mapuches les premiers habitants. Ce type de politique ultra-libérale est celle que souhaite pour l’Europe la Grande Bretagne, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède. A noter que la France, l’Allemagne et les USA n’y sont pas favorables.
2°- le prix des terres arables est élevé (10 000€/ha) et les baux ne sont que de 1 à  3 ans.
3°- la vulgarisation est assurée par les technico-commerciaux qui peuvent donner des conseils intéressés commercialement.
4°- les produits chiliens n’ont pas encore une image de marque forte. Les politiques de qualité se mettent en place lentement.
5°- les agriculteurs présentent un caractère individualiste, les formes de coopération entre agriculteurs sont peu développées.
6°- le libéralisme sélectionne les plus compétitifs et laisse sur le bord de la route les plus faibles.


Nous avons observé également que les prix européens suivent les mêmes fluctuations que celles du marché chilien (et international). Nous vivons dans un système de production où l’interdépendance entre les agricultures du monde est de plus en plus évidente et forte. 

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